Kiho KANG 2019-02-15T10:34:26+00:00

Project Description

Kiho KANG

La diaspora d’artistes coréens à travers l’Europe est un phénomène qui se développe. Kiho Kang, installé en Allemagne depuis plus de six ans, est actuellement un de ses plus éminents membres travaillant la céramique. Dans la tradition coréenne, la jeunesse, marquée par sa fougue et son audace, conjugue difficilement avec la maturité nécessaire à la création d’œuvres majeures. Ainsi, s’il était resté au pays, il serait toujours un potier inaperçu, tandis qu’en Europe il jouit très justement d’une reconnaissance internationale.
Son art se limite à des pots en porcelaine dont les surfaces ne tolèrent aucune autre animation que l’impression répétée de son index et son pouce surlignée par quelques scintillements épars provenant de minuscules grains de sable qu’il intègre à sa pâte. Sa technique du colombin, dont la méticulosité fait référence, appartient à la plus pure tradition coréenne, au contraire de ses formes qui sont, à une exception près (voir ci-dessous !), des inventions sculpturales orininales et concises dont la fonctionnalité, même résiduelle, n’est jamais contredite.
L’objet originel, le vase ou la verseuse, l’écuelle ou l’entonnoir, n’est jamais rejeté ou nié. Plutôt, il fournit le point de départ d’une méditation matérielle, une investigation intime de ce que pourrait apporter des innovations formelles à notre appréciation, généralement inattentive, du vocabulaire de l’usuel. Le but est clair ; changer notre perception de ce que nous regardons peu, et en étendant la métaphore, il est évident que ce propos ne concerne pas seulement la vaisselle, mais tout ce que nous prenons tant de soin à ignorer!
La nudité de ses pots, leur manque de décoration ou même de variations de ton, sont des contreparties essentielles, des faire-valoir de la lecture de ses formes, de la concentration de votre regard sur le jeu des volumes. Rappelez-vous peut-être vos classes de dessin ? Aujourd’hui comme hier, la nudité est le seul garant d’une vision sans entrave quand l’essentiel est de saisir les détails de tout un corps, fut-il humain ou céramique.

Le cas de l’exception
Aucun coréen, et surtout pas un potier, n’échappe à l’envoûtement du « Moon jar », jarre ventrue, icône incontournable et obsessionnelle de l’identité artistique nationale. Certains de ceux de Kiho sont au sommet, mais malgré leur perfection, ils ne jouent pas un rôle déterminant dans sa réputation d’artiste international. La raison en est simple. Il n’opère plus sous les consignes et les codes de la tradition nationale.